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mai 17, 2026
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À la découverte de Kiria, un secteur juché sur le mont Gangan

Dans le quartier Tafory Gangan, plusieurs secteurs sont situés sur le mont Gangan, qui culmine à 1 117 mètres d’altitude. Cette montagne est l’un des points culminants de la Guinée maritime du côté atlantique. Elle sert également de champ d’entraînement pour les soldats de la première région militaire.

Dans cette zone enclavée mais riche en potentialités agricoles se trouve Kiria, premier secteur de la localité où nous avons effectué une immersion. Les habitants y vivent principalement de l’agriculture.

Situé à plus de 7 km du centre urbain de Kindia, accéder à Kiria relève d’un véritable parcours du combattant. Pour y parvenir, il faut gravir à pied le mont Gangan. Habitués au climat et attachés à la terre de leurs ancêtres, les habitants ne souhaitent pas quitter les lieux malgré les difficultés. Ils sollicitent l’appui des autorités pour la réalisation d’infrastructures de franchissement afin de faciliter leurs activités agricoles et commerciales.

Kiria attire également de nombreux visiteurs, notamment des étrangers, séduits par son climat calme et agréable. Des élèves y organisent aussi des excursions à certaines périodes de l’année pour des activités récréatives.

Au pied du mont se trouve un arbre traditionnel appelé « Ganganyi », auquel sont attribuées des vertus médicinales. Le nom « Gangan » serait d’ailleurs issu de cette appellation.

Cependant, l’accès à Kiria exige beaucoup de courage. Les pistes sont caillouteuses, avec des roches instables pouvant s’effondrer à tout moment. La localité ne dispose d’aucune infrastructure de base depuis sa création. Un seul forage y a été réalisé, aujourd’hui dans un état de dégradation avancé. Il n’y a ni école ni centre de santé.

La population est estimée à plus de 450 habitants, majoritairement des jeunes. Faute d’infrastructures scolaires, les enfants doivent effectuer chaque jour de longs trajets pour aller étudier en ville. Selon Naby Moussa Soumah, grand imam de Kiria :

« Nous, habitants de Kiria, avons pour principale activité l’agriculture, notamment la culture du riz et la plantation de bananes héritées de nos ancêtres. Mais aujourd’hui, ces plantations sont détruites par des maladies. À cela s’ajoute le problème de la route, qui est impraticable. Rejoindre la ville est très difficile. Le village ne dispose ni d’école ni de mosquée. Nos enfants étudient en ville et, avec cette montagne, c’est extrêmement pénible. Certains, surtout les plus petits, ne peuvent même pas faire le trajet jusqu’à Tafory ou Bibane. Nous sommes obligés d’attendre qu’ils grandissent. Si ce n’était pas notre village natal, nous serions déjà partis, mais nous ne pouvons pas abandonner la terre de nos ancêtres. Nous demandons aux autorités et aux personnes de bonne volonté de nous aider à résoudre les problèmes de notre village. »

Fatou Camara, représentante des femmes de Kiria, décrit également les difficultés auxquelles elles sont confrontées :

« Nous, les femmes de ce village, souffrons énormément. Avant, nous faisions le commerce de bananes, mais depuis la destruction des plantations, nous sommes obligées de ramasser des fagots de bois pour les revendre en ville afin de soutenir nos familles. Lorsqu’une femme est enceinte et arrive à terme, nous devons la transporter avec des moyens rudimentaires, comme un filet, jusqu’à un centre de santé en ville. Après l’accouchement, elle y reste parfois une semaine avant de revenir. Nous faisons également face à un grave problème d’eau potable. Pendant la saison sèche, la situation devient critique. Une tentative d’aménagement d’une source a été faite, mais l’eau reste souvent inutilisable, même pour laver les habits. Pour obtenir de l’eau potable, nous partons dès 5 heures du matin et attendons parfois deux à trois heures avant de pouvoir en puiser. Nous lançons un appel aux autorités et aux personnes de bonne volonté pour nous aider à avoir de l’eau potable et un centre de santé dans notre localité. »

Cette contrée n’a jamais connu d’engin roulant depuis sa création. Tout se fait à la main ou sur la tête. Toutefois, grâce aux efforts de certains habitants, des habitations commencent à apparaître au pied du mont, notamment dans le quartier Tafory Gangan.

Pour Saliou Sylla, président de la jeunesse de Kiria :

« Nous, les jeunes de Kiria, sommes unis pour faire face aux problèmes de notre localité, mais nous manquons de moyens. Nous avons essayé de travailler pour aménager la route, mais ce n’est pas facile. Nous n’avons pas de lieu de rencontre pour échanger sur les difficultés du village, ni terrain de football, ni maison des jeunes. Nous avons besoin de ces infrastructures, mais surtout d’une route praticable. »

Enfin, pour la petite histoire, Kiria est le nom dérivé de Bèfan Kiri, fondateur de cette localité. Selon les sages du village, son existence remonte à plus de 200 ans.

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