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69ᵉ Sommet de la CEDEAO : à Freetown, Mamadi Doumbouya plaide pour une réforme de l’organisation et rejette les sanctions

Freetown (Sierra Leone) – Lors du 69ᵉ Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, tenu le 19 juillet à Freetown, le président de la transition guinéenne, le Général Mamadi Doumbouya, a livré un plaidoyer en faveur d’une réforme de l’organisation sous-régionale. Devant ses homologues ouest-africains, il a appelé à recentrer l’action de la CEDEAO sur le développement économique, la prospérité des peuples et le dialogue, tout en dénonçant l’efficacité des sanctions.

Dès l’entame de son intervention, le chef de l’État guinéen a rappelé l’idéal qui a présidé à la création de la CEDEAO en 1975.

« L’intégration africaine est la seule voie pour le développement et pour éviter les guerres entre nous».

Selon lui, les pères fondateurs avaient une ambition claire : construire un marché commun capable de favoriser la croissance économique et de préserver la paix.

« Face aux grands ensembles qui dominaient le monde, il s’agissait de créer un grand marché commun ouest-africain pour le développement et la paix parce que là où il y a le développement économique, il y a la paix».

Le Général Mamadi Doumbouya a ensuite insisté sur la nécessité de préserver l’unité des États de la sous-région.

«Notre survie, notre prospérité dépendent d’abord de notre capacité à rester ensemble, unis. La division n’arrange que celui qui divise».

Le président guinéen s’est également montré particulièrement critique à l’égard des sanctions imposées à certains États membres, estimant qu’elles pénalisent essentiellement les populations.

« Les sanctions ne sont pas la solution. Notre sous-région a trop souvent choisi la sanction comme premier réflexe, quand elle devait être le dernier recours».

Poursuivant son argumentaire, il a décrit les conséquences sociales et économiques de ces mesures.

« Elle frappe d’abord les enfants dans les salles de classe, les femmes dans les marchés, les hommes dans les champs et les ateliers. Elle prive les hôpitaux de médicaments de première nécessité et vide les marchés des denrées indispensables».

Pour Mamadi Doumbouya, la CEDEAO doit revenir à sa vocation première en mettant le développement économique au centre de ses priorités.

« Recentrons-nous sur l’essentiel. Faisons de l’économie, de l’investissement productif et du bien-être de nos populations le cœur battant de notre action commune».

Le chef de l’État a également plaidé pour une réforme des institutions communautaires afin de les adapter aux réalités actuelles des pays membres.

« Réformer nos institutions n’est pas les affaiblir, c’est les inscrire dans la durée. C’est les adapter à nos valeurs, à nos réalités, à nos coutumes et à nos traditions séculaires».

Selon lui, les spécificités de chaque nation doivent être prises en compte dans les décisions communautaires.

« Vouloir appliquer à des réalités différentes une seule et même ordonnance, aussi bien intentionnée soit-elle, ce n’est pas de la rigueur ; c’est une méconnaissance de la nature même de nos sociétés».

Dans la dernière partie de son discours, Mamadi Doumbouya a exhorté les dirigeants ouest-africains à répondre aux attentes concrètes des citoyens.

« Nos peuples n’attendent pas de nous des communiqués. Ils attendent de l’eau, des routes, des usines, de l’énergie, des marchés ouverts et des emplois pour leur jeunesse».

Il a également appelé à une gouvernance plus participative, impliquant davantage les jeunes, les acteurs économiques et la société civile dans la construction de l’avenir de la communauté.

Enfin, le président guinéen a réaffirmé l’engagement de la Guinée en faveur d’une CEDEAO unie, souveraine et tournée vers la prospérité partagée.

« Ce n’est pas en nous divisant par la sanction que nous honorerons la mémoire des pères fondateurs. C’est en bâtissant ensemble, par le travail, la solidarité et la justice, l’Afrique de l’Ouest souveraine et prospère à laquelle nos peuples ont droit».

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