CONAKRY – Un nouveau tournant s’ouvre dans la gestion des ressources halieutiques en Guinée. Le président de la République, le général de corps d’armée Mamadi Doumbouya, a signé, lundi 31 août 2026, un décret fixant les modalités générales d’application du nouveau Code de la pêche maritime. Le texte abroge et remplace le règlement général datant de 1997 et introduit une nouvelle classification des activités de pêche selon les types de navires, leur puissance motrice et les moyens utilisés.

Cette nouvelle réglementation vise à adapter l’encadrement du secteur aux réalités actuelles et à renforcer la gestion des ressources biologiques marines. Elle s’applique aux activités exercées dans les zones terrestres et maritimes sous juridiction guinéenne, mais également, dans certaines conditions, aux ressortissants guinéens et aux navires battant pavillon guinéen opérant au-delà de ces zones.
Quatre catégories de pêche désormais définies
Le décret présidentiel établit quatre grandes catégories de pêche maritime.
La pêche artisanale maritime traditionnelle est pratiquée à pied ou à bord de pirogues non motorisées, propulsées à la pagaie ou à la voile. Elle fait notamment recours au filet maillant, à l’épervier, à la ligne, à la palangre ou encore à la nasse.
La pêche artisanale maritime motorisée concerne les pirogues non pontées d’une longueur hors-tout maximale de 24 mètres. Leur moteur ne doit pas dépasser 60 chevaux-vapeur. Ces embarcations ne doivent pas utiliser de moyens mécaniques pour mettre à l’eau ou relever les engins de pêche et les captures doivent être conservées à bord à l’aide de glace ou de sel.
Vient ensuite la pêche semi-industrielle maritime. Elle s’exerce avec des navires pontés d’une longueur maximale de 25 mètres, d’une jauge brute ne dépassant pas 45 GT et équipés d’un moteur d’une puissance supérieure à 60 CV et inférieure ou égale à 250 CV.
Enfin, la pêche industrielle maritime concerne les navires pontés dont la puissance motrice est supérieure ou égale à 250 CV. Ces bâtiments peuvent utiliser des moyens mécaniques pour manipuler les engins de pêche et conserver leurs captures par congélation, glace ou eau réfrigérée.
Un nouveau cadre pour protéger les ressources halieutiques
À travers ce décret, le chef de l’État entend également renforcer l’encadrement de l’ensemble de la chaîne liée aux produits de la mer. Le dispositif concerne non seulement les pêcheurs et les navires, mais aussi les engins et équipements de pêche, les établissements d’empaquetage, d’entreposage, de transformation, de conservation et de commercialisation des produits halieutiques.
Les véhicules utilisés pour le transport de ces produits sont également concernés par le nouveau dispositif réglementaire.
Le décret prévoit par ailleurs que des critères supplémentaires permettant de déterminer certaines sous-catégories de la pêche artisanale et industrielle pourront être fixés ultérieurement par arrêté du ministre chargé de la Pêche maritime.
Le décret de 1997 officiellement abrogé
C’est l’un des changements majeurs apportés par le texte présidentiel. Le décret D/97/227/PRG/SGG du 16 octobre 1997, qui encadrait jusque-là la mise en œuvre du Code de la pêche maritime, est désormais abrogé et remplacé.
Toutefois, les autorisations, licences et permis de pêche délivrés sous l’ancien régime ne sont pas immédiatement annulés. Ils restent valables jusqu’à leur date d’expiration. Leur renouvellement devra, en revanche, être effectué conformément aux nouvelles règles fixées par le décret du 31 août 2026.
Le texte maintient également provisoirement certaines dispositions réglementaires prises sous l’ancien Code de la pêche maritime de 2015, à condition qu’elles ne soient pas incompatibles avec les nouvelles dispositions.
Une réforme qui redessine le secteur
Avec ce nouveau cadre réglementaire, le gouvernement guinéen entend disposer d’un dispositif plus adapté pour organiser les différentes formes de pêche et mieux contrôler l’utilisation des ressources marines.
Le décret signé par le président Mamadi Doumbouya prend effet dès sa date de signature et doit être enregistré puis publié au Journal officiel de la République.
Cette réforme marque ainsi la fin d’un cadre réglementaire vieux de près de trois décennies et ouvre une nouvelle étape dans la gouvernance du secteur halieutique guinéen.
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