Kindia – Elhadj Abdoul Wakil Keïta a décliné, ce mercredi 26 août 2026, le parrainage qui lui a été proposé dans le cadre de la désignation du Kountiguigbé, chef coutumier de la Basse-Côte.

Une forte délégation de la notabilité de la Basse-Côte, conduite par Elhadj Sounna Yansané et accompagnée de plusieurs sages de la région, s’est rendue auprès de l’érudit guinéen pour lui proposer ce rôle. Mais Elhadj Abdoul Wakil Keïta a préféré ne pas accepter cette responsabilité.
Dans son intervention, il a surtout insisté sur la nécessité de préserver la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble entre les fils et filles de la Basse-Côte. Pour lui, la fonction de Kountiguigbé ne doit pas être perçue comme une source d’enrichissement personnel, mais comme une lourde responsabilité au service de la communauté et du pays.

« Être chef coutumier est une grande chose. On ne gagne pas le titre de Kountiguigbé pour se faire enrichir ou garnir les poches », a-t-il déclaré.
Elhadj Abdoul Wakil Keïta estime également que le Kountiguigbé doit être une personne suffisamment âgée, expérimentée et capable de comprendre les réalités de la vie en société.
« Choisissez une personne qui a avancé en âge, qui connaît certains secrets de la vie. Il connaît parfaitement la vie en société », a-t-il conseillé.
L’érudit a par ailleurs appelé les responsables coutumiers à jouer un rôle de médiation entre les populations et les autorités. Selon lui, le chef coutumier doit pouvoir conseiller le président de la République sans l’humilier, tout en lui proposant des solutions et des projets en faveur du développement du pays.

« Il ne faut pas accepter qu’on accuse le président, il ne faut pas accepter que le président aussi accuse », a-t-il lancé, avant d’insister sur l’importance du pardon dans la résolution des différends.
S’adressant particulièrement à Elhadj Sounna Yansané, chef de la délégation, Elhadj Abdoul Wakil Keïta l’a invité à œuvrer pour rapprocher les différentes composantes de la Basse-Côte.
« Si vous vous entendez entre vous, vous nous avez gagnés. Mais si vous ne vous entendez pas entre vous, lorsque les autres m’ont vu ici avec cette délégation, s’il y a un autre groupe aussi, il va me haïr pour dire : il soutient ce groupe », a-t-il expliqué.

Pour éviter toute interprétation de son refus comme un soutien à un camp, il a donc demandé à la délégation de retourner la clé symbolique qui lui avait été remise, sur laquelle était inscrit « BASSE GUINÉE ».
Enfin, Elhadj Abdoul Wakil Keïta a encouragé Elhadj Sounna Yansané à réunir l’ensemble des composantes de la Basse-Côte afin de parvenir à une entente.
« Si vous vous entendez, le gouvernement sera tranquille, il y aura la paix dans le pays », a-t-il conclu.

À travers cette décision, l’érudit guinéen dit ainsi privilégier l’unité et l’entente entre les fils et filles de la Basse-Côte, plutôt que d’endosser une fonction susceptible, selon lui, de l’exposer à des interprétations ou à des divisions au sein de la communauté.
Salia Camara pour Flockymedia.com







