Kindia, 10 août 2026 – La salle de conférence du gouvernorat de Kindia accueille, du 10 au 14 août 2026, un atelier de vulgarisation de la loi spéciale relative à la traite des personnes, du Code de l’enfant révisé et des techniques de gestion des dossiers. La rencontre réunit des officiers de police judiciaire de l’OPROGEM venus des régions administratives de Boké, Labé, Mamou, Kindia ainsi que de la zone spéciale de Conakry.
La cérémonie d’ouverture a été présidée ce lundi 10 août 2026,par le contrôleur général Mamadou Camara, gouverneur de Kindia. Dans son intervention, l’autorité régionale a insisté sur l’importance de cette formation pour les agents chargés de faire appliquer la loi.

« Nous avons reçu au niveau de la région de Kindia les cadres de la direction générale de l’OPROGEM, accompagnés par un facilitateur dans le cadre de la vulgarisation de la loi portant sur la protection de l’enfant », a expliqué le gouverneur.
Selon lui, la maîtrise des textes juridiques constitue un préalable indispensable à l’efficacité du travail des officiers de police judiciaire.
« Un officier de police judiciaire ne vaut que par la maîtrise des contours et des pourtours des textes qui sont vulgarisés », a-t-il souligné, invitant les participants à bien comprendre les différentes dispositions qui leur seront présentées.
Le gouverneur Mamadou Camara a également mis l’accent sur la recrudescence de certains phénomènes, notamment la migration irrégulière et les atteintes aux droits des enfants.
« La lutte contre les migrations et la protection de l’enfant sont devenues des phénomènes très récurrents sur l’ensemble du territoire national », a-t-il déclaré, faisant notamment référence aux départs de migrants et aux conséquences parfois dramatiques de ces parcours.
Pour le premier responsable de la région de Kindia, les participants doivent surtout repartir avec des connaissances pratiques permettant d’identifier les auteurs et d’engager les premières procédures judiciaires.
« Nous avons exhorté l’ensemble des participants à faire en sorte qu’ils quittent ici avec une satisfaction totale, par la connaissance qui va leur être indiquée, mais aussi par les différentes stratégies à mener sur le terrain pour l’identification des auteurs et les premières mesures que, en tant qu’officiers de police judiciaire, ils doivent emprunter pour que les suspects soient traduits devant les tribunaux », a-t-il ajouté.
Uniformiser les pratiques de l’OPROGEMDe son côté, le commissaire divisionnaire de police Sylla Amara, auditeur général adjoint de l’OPROGEM, a expliqué les objectifs de la rencontre.

« L’objectif recherché de cet atelier de Kindia porte sur la vulgarisation de la loi spéciale sur la traite, le Code de l’enfant révisé et quelques techniques de rédaction sur les rapports de compte rendu », a-t-il indiqué.
Selon lui, cette formation vise également à mettre les différents cadres de l’OPROGEM au même niveau de connaissance et à uniformiser leurs pratiques professionnelles.
« Nous voulons que tous nos cadres soient au même niveau de formation et que la rédaction de nos différents actes soit uniformisée », a précisé Sylla Amara.
Cette nécessité d’harmonisation fait suite à un constat effectué au sein des différentes unités.
« Nous avons constaté une disparité dans la rédaction de nos rapports. Les rapports n’étaient pas vraiment uniformisés et les gens n’étaient pas suffisamment outillés. On a donc jugé utile d’uniformiser et de donner une formation commune à tous les cadres de l’OPROGEM », a-t-il expliqué.
Le commissaire divisionnaire insiste également sur la particularité des infractions prises en charge par l’OPROGEM, notamment la traite des personnes et le trafic illicite de migrants.
« Nous gérons des infractions spécifiques au sein des services de sécurité. Quand on parle de traite des personnes et de trafic illicite d’immigrants, ce sont des infractions nouvelles que nos communautés ont connues sur le plan international. Il faudrait que la police se conforme à cela », a-t-il soutenu.
Deux modules au cœur de la formationConsultant à cet atelier, Mamadou Aliou Dramé a précisé les principaux thèmes qui seront abordés durant les cinq jours de travaux.
« Nous aurons deux grands modules à dérouler. Il s’agit premièrement de parler de la vulgarisation du Code de l’enfant guinéen révisé et, d’autre part, de la loi spéciale sur la traite des personnes », a-t-il expliqué.
Pour lui, ces deux thématiques sont essentielles dans le travail quotidien des officiers de police judiciaire.
« Ce sont deux thèmes extrêmement importants pour les officiers de police judiciaire, pour que l’on puisse comprendre quelle est la nature des infractions qui peuvent être commises ainsi que la conduite à tenir par les officiers de police judiciaire », a précisé le consultant.
Mamadou Aliou Dramé a également évoqué les nombreuses violations des droits de l’enfant observées dans le pays.

« Aujourd’hui, notre pays traverse beaucoup d’événements, notamment cette violation des droits de l’enfant. Vous voyez souvent des violations des droits de l’enfant à travers des brutalités, des actes qui sont inhumains, cruels, parfois qui vont jusqu’à la mort des enfants », a-t-il regretté.
L’autre volet concerne la lutte contre les trafiquants.
« À travers la loi spéciale sur la traite des personnes, il s’agit de lutter contre les trafiquants. Comme vous le savez, cela pose d’énormes problèmes, tant dans notre pays que dans d’autres pays dans le monde », a-t-il ajouté.

Les réseaux sociaux, nouveau terrain d’infractionsLe consultant a par ailleurs abordé la question des infractions commises à travers les réseaux sociaux, notamment les discours de haine, l’incitation à la violence, les insultes et la diffamation.
« Avec le développement de la science, de la technique et de la technologie, vous avez vu qu’avec Internet, c’est un véhicule planétaire. Certaines personnes passent par les réseaux sociaux pour diffamer, insulter ou porter atteinte à la considération et à l’honneur d’autres personnes », a-t-il expliqué.
Selon lui, les auteurs de ces actes peuvent faire l’objet de poursuites judiciaires.« La justice ne peut pas ne pas poursuivre ces personnes-là. Plusieurs personnes ont été jugées et condamnées. Cela montre qu’il y aura de la fermeté », a-t-il assuré.
La formation vise donc également à permettre aux OPJ de mieux exploiter les techniques d’enquête adaptées aux infractions commises dans l’environnement numérique.
Les participants appelés à restituer les acquisPrésente à Kindia au nom de la région de Labé, Mamadou Ramata Diallo, coordinatrice régionale de l’OPROGEM, considère cette formation comme une opportunité pour renforcer les compétences des agents.

« Nous sommes là pour un atelier de formation et de renforcement de capacités sur la loi spéciale sur la traite des êtres humains et le Code de l’enfant révisé. Nous sommes là pour être outillées, nous les OPJ de l’OPROGEM, pour mieux distinguer les infractions liées à la traite des êtres humains et les poursuivre afin de déférer les auteurs devant le procureur », a-t-elle expliqué.
La participante entend surtout transmettre les connaissances acquises à ses collègues une fois de retour à Labé.
« Nous, participantes ici présentes, nous nous engageons à faire la restitution au niveau de nos unités et à prendre en charge la loi qui sera mise à notre connaissance pour mieux gérer les dossiers afférents à ce genre d’infractions », a-t-elle assuré.
Pour Mamadou Ramata Diallo, l’atelier constitue également une occasion de renforcer la collaboration entre les différentes unités régionales.
« Cette formation vient à point nommé. C’est vraiment une opportunité pour nous de connaître les différents éléments constitutifs de la traite. Cela va nous permettre aussi d’avoir une synergie d’action, parce que nous sommes réunies ici des régions de Kindia, Mamou et Labé », a-t-elle indiqué.
Durant cinq jours, les participants vont ainsi approfondir leurs connaissances sur le cadre juridique relatif à la protection de l’enfant et à la traite des personnes, tout en renforçant leurs compétences dans la gestion et la rédaction des dossiers judiciaires.
À travers cette initiative, l’OPROGEM entend améliorer l’efficacité de ses interventions sur le terrain et favoriser une meilleure coordination des unités dans la lutte contre la traite des personnes, le trafic illicite de migrants et les violations des droits de l’enfant.
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