CONAKRY – Le président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale, Alhoussein Makanera Kaké, s’est montré réservé quant à une adhésion immédiate de la Guinée à l’ECO, la future monnaie unique de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Invité d’une émission diffusée sur Télé 24, le député a estimé que les conditions économiques actuelles ne permettent pas encore une intégration monétaire réussie.
Réagissant aux récentes analyses de l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, Dr Ousmane Kaba, favorables à la monnaie unique, Alhoussein Makanera Kaké a insisté sur les implications qu’une telle décision aurait sur la souveraineté monétaire des États membres.
« Une fois qu’on est avec une banque centrale de la CEDEAO, on ne décide plus seul de tout ce qui concerne la monnaie », a-t-il déclaré, soulignant que les décisions monétaires relèveraient désormais d’une banque centrale communautaire et seraient prises de manière consensuelle.L’ancien ministre de la Communication reconnaît néanmoins que chaque modèle présente ses avantages et ses limites. Selon lui, la réussite d’une union monétaire repose avant tout sur le respect des critères de convergence économique.
Pour étayer son analyse, il s’est référé à l’expérience européenne, rappelant que l’adoption de l’euro a été précédée par le respect des critères de Maastricht et que tous les États membres de l’Union européenne n’ont pas intégré la monnaie unique au même moment.
Selon le député, les économies des pays de la CEDEAO demeurent encore trop disparates pour permettre une politique monétaire commune efficace. Il estime que seuls quelques États satisfont aujourd’hui aux exigences de convergence.
Prenant l’exemple de la Guinée et du Nigeria, Alhoussein Makanera Kaké a expliqué que les différences de niveaux d’inflation compliqueraient la définition d’une politique monétaire adaptée à l’ensemble des pays.
« Une politique monétaire qui arrange certains États pourrait pénaliser d’autres si les économies ne sont pas suffisamment alignées », a-t-il soutenu.
À l’issue de son intervention, le président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle a plaidé pour une démarche progressive. Il estime que la CEDEAO devrait d’abord consolider la convergence économique entre ses États membres avant d’envisager l’entrée en vigueur de la monnaie unique.
Ces déclarations interviennent alors que le projet de l’ECO continue d’alimenter les débats en Afrique de l’Ouest, où économistes et responsables politiques divergent encore sur les conditions et le calendrier de sa mise en œuvre.
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