Flocky média

Live News

28.3°C
  • Conakry
juillet 4, 2026
Follow Us:
Flocky médiaBlogActualitésKindia : l’ONG Femmes Développement et Droits Humains en Guinée lance un atelier de renforcement des capacités pour mieux accompagner les survivantes de VBG.

Kindia : l’ONG Femmes Développement et Droits Humains en Guinée lance un atelier de renforcement des capacités pour mieux accompagner les survivantes de VBG.

« Justice et Dignité pour les Survivantes de VBG en Guinée », c’est le nom du projet porté par l’ONG Femmes Développement et Droits Humains en Guinée qui a officiellement démarré ce vendredi 26 juin 2026 à Kindia. L’initiative vise à renforcer les capacités de 15 assistants psychosociaux issus des organisations de la société civile engagées dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) à Conakry, Coyah et Télimélé.

Prévu du 26 au 27 juin 2026, cet atelier de formation porte sur l’accueil, l’écoute, l’orientation et l’assistance psychologique des survivantes de violences basées sur le genre. La cérémonie de lancement a été présidée par Elhadj Django Cissé, président de la délégation spéciale de Kindia, qui a salué cette initiative destinée à renforcer la protection des femmes et des filles en Guinée.

Dans son intervention, il a rappelé l’importance d’un tel projet face aux réalités sociales auxquelles sont confrontées plusieurs jeunes filles et femmes.

« Aujourd’hui, vous nous avez donné, au moins, une réponse de bienvenue à ce projet d’appui et de la dignité de la femme à travers les VBG, les violences basées sur le genre. Aujourd’hui, vous connaissez beaucoup de vos filles dans leurs vies, dans d’autres lieux mêmes, subissent assez de violences par endroits », a-t-il déclaré.

Revenant sur les changements observés dans la société guinéenne, le président de la délégation spéciale de Kindia estime qu’il est nécessaire de renforcer l’éducation et l’accompagnement des jeunes générations.

« Vous savez, je l’ai toujours dit et répété, parce qu’il ne faut pas se le cacher, on a changé de modèle de société dans notre pays. Le premier modèle de société, son contenu était lié à nous, donc l’effort était grand, l’effort était au niveau de la masse. C’est-à-dire, en matière d’éducation dans le premier modèle, alors, tout allait ensemble. Genre, hommes et femmes, filles et garçons, de l’école, de la maison à l’école, de l’école à la vie, alors les choses étaient surveillées, les choses étaient indiquées, l’éducation était là », a-t-il expliqué.

Selon lui, la prévention des violences passe aussi par l’apprentissage des valeurs sociales et du respect.

« Parce que rien que pour éviter la peur de la violence. Parce qu’ici, ça y a une base : l’enfant doit avoir la base de savoir se comporter, respecter, se faire respecter dans l’habillement, dans les démarches, partout où tu dois aller rendre compte. Alors, il faut que l’enfant soit bien cadré », a-t-il ajouté.

Pour Elhadj Django Cissé, l’implication des organisations engagées dans ce combat constitue un appui important pour les autorités et les communautés.

« Dans ce temps qui prévaut, les personnes de bonne initiative maintenant qui créent ces entités-là pour venir former les enfants, alors cela nous aide, nous, parce que nous, dans le temps, quand on a changé de modèle de société, on avait eu toute une difficulté : comment essayer d’engendrer la jeunesse pour que la jeunesse puisse être ensemble, se garder, et que la sécurité maintenant soit sur la population », a-t-il poursuivi.

Il a également encouragé la poursuite des actions de sensibilisation et de formation.« Non seulement les enfants eux-mêmes doivent être protégés, alors la population doit être protégée, donc il faut chercher les voies et les moyens. Alors, venir vraiment engager un atelier comme ça, vraiment, ça nous réhabilite, ça nous donne l’honneur et ça nous donne l’espoir. Après la formation, ce genre de violence-là, décriée, sera diminuée, et par rapport à ça, on verra clair, et les enfants ne vont pas aller à gauche pour pouvoir mener la violence et faire du mal à la population guinéenne », a-t-il conclu.

Moussa Yero Bah : « Une personne sans dignité, c’est comme une personne qui n’est pas en vie »Prenant la parole à son tour, Moussa Yero Bah, journaliste et présidente de l’ONG Femmes Développement et Droits Humains en Guinée, a expliqué les motivations de ce projet qui place les survivantes de VBG au centre des préoccupations.

« Justice et dignité pour les survivantes de VBG, c’est le thème, le nom d’un projet, un projet qui démarre à partir de maintenant en République de Guinée. Et comme vous l’avez constaté, on demande que justice soit rendue, on demande que la dignité des personnes qui ont été victimes de violences basées sur le genre soit respectée. Parce qu’une personne sans dignité, c’est comme une personne qui n’est pas en vie », a-t-elle déclaré.

Elle a rappelé que l’ONG accompagne depuis plusieurs années les victimes de violences.

« Nous l’avons compris dans ce pays depuis plusieurs années à travers l’ONG Femmes Développement et Droits Humains en Guinée, qui accompagne les personnes qui sont victimes de violences. Et c’est dans ce combat que nous avons été soutenus par l’AFD, l’Agence française de développement, depuis maintenant trois ans, pour lutter contre les violences basées sur le genre en République de Guinée », a-t-elle indiqué.

Selon elle, ce projet s’inscrit dans une dynamique sous-régionale.

« Ce projet est porté par l’IPPF Africa Région, en collaboration avec les femmes juristes ivoiriennes, pour réaliser donc ce travail. C’est un projet qui est sous-régional, il ne se réalise pas qu’en République de Guinée », a-t-elle précisé.Le choix de Kindia pour le lancement officiel n’est pas anodin, explique-t-elle.

« En Guinée, il y a plusieurs organisations, plusieurs ONG, qui mènent le combat sur le terrain. Nous avons choisi Kindia pour lancer, faire le lancement officiel de ce projet, parce que Kindia est à cheval entre Télimélé, Coyah et Conakry, où le projet prend pied, où le projet doit effectivement se réaliser », a-t-elle souligné.

Elle a également insisté sur la nécessité de former les acteurs de terrain avant toute intervention auprès des survivantes.

« Nous démarrons par un atelier parce que pour faire des activités sur le terrain, il faut un renforcement de capacités. Il faut renforcer les capacités des personnes qui seront en contact avec ces survivantes de VBG-là », a-t-elle expliqué.

Sur le rôle des assistants psychosociaux, Moussa Yero Bah précise :« C’est la porte d’entrée, c’est les personnes qui reçoivent les victimes. Une victime a besoin d’être bien écoutée, d’être bien encadrée, elle n’a pas besoin d’être jugée. Elle n’a pas besoin d’un regard condescendant. C’est pour cela que nous voulons former ces assistants psychosociaux-là, 15 assistants, à l’écoute, à l’accueil, au conseil et à l’orientation des survivantes de violences basées sur le genre».

Elle a rappelé également l’histoire et les actions de son organisation.

« L’ONG Femmes Développement et Droits Humains en Guinée est née depuis 2013. Depuis 2013, nous avons accompagné plus de 800 femmes victimes de violences, et elle a été agréée vers 2016 pour continuer à mener le combat », a-t-elle déclaré.

Présente dans plusieurs localités du pays, l’organisation poursuit ses efforts.

« Nous avons des antennes à Coyah, à Télimélé, à Labé, et à Kindia. Maintenant, on va installer l’antenne de Kindia, mais aussi à Tougué. Et nous continuons donc à faire ce travail », a-t-elle ajouté.Pour elle, la lutte contre les VBG passe aussi par l’autonomisation des femmes.

« Nos actions principales sont la lutte contre les violences basées sur le genre, la lutte pour les droits humains en République de Guinée, mais aussi la lutte pour l’autonomisation des femmes. Parce qu’une femme qui n’est pas autonome, ou une personne globalement qui n’est pas autonome, ne peut pas se dire indépendante, elle ne peut pas lutter même pour sa propre survie », a-t-elle expliqué.

À l’endroit des participants à la formation, elle a lancé un appel à l’engagement.

« Un message de concentration pour suivre les différents modules qui seront développés par une facilitatrice de qualité, qui a de l’expérience en la matière. Et donc, ils n’ont qu’à rester vraiment focus sur le message qui va être délivré ici. Ça les aidera vraiment sur le travail qu’ils auront à mener sur le terrain », a-t-elle conseillé.

Présidente du club des jeunes filles leaders de Coyah, Fatoumata Camara a exprimé sa satisfaction de participer à cette formation, tout en évoquant les réalités rencontrées dans sa zone.

« Je suis très heureuse d’être là, surtout que je viens d’une zone un peu plus reculée, parce que je viens de Coyah. Je suis très heureuse d’être là et de participer à cette formation », a-t-elle confié.

Elle a attiré l’attention sur la fréquence de certains cas de violences dans la préfecture de Coyah.

« Nous rencontrons beaucoup de cas dans la zone de Coyah, surtout les cas de viols et de mutilations génitales, mais beaucoup plus de cas de viols », a-t-elle témoigné.Face à cette situation, elle appelle à une mobilisation collective.

« Moi, je dirais beaucoup plus à tous les jeunes et à toute la population de Coyah de se donner les mains afin d’éradiquer cela, car ensemble, on va aller loin », a-t-elle lancé.

À travers cet atelier, l’ONG Femmes Développement et Droits Humains en Guinée ambitionne donc de doter les acteurs communautaires de compétences nécessaires pour offrir un meilleur accompagnement aux survivantes de violences basées sur le genre et contribuer à renforcer la protection des femmes et des filles en Guinée.

Flockymedia

Tags:
Share:

Leave a Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Post

Tags