
Conakry – Le quartier Hamdallaye-Kabalayah est sous le choc après la mort de Mamadou Bella Diallo, élève en classe de 10ᵉ année et candidat au Brevet d’études du premier cycle (BEPC), décédé des suites d’une blessure par balle survenue lors d’incidents violents.
Rencontré ce jeudi 25 juin 2026, son oncle, Hassan Diallo, est revenu avec émotion sur les circonstances du drame. « Je suis rentré du travail vers 14 heures et je me suis couché directement. Aux environs de 17 heures, on m’a réveillé pour m’annoncer que mon neveu avait reçu une balle en pleine poitrine. Je suis aussitôt sorti pour comprendre ce qui s’était passé », raconte-t-il.
Selon les informations qui lui ont été rapportées par des jeunes présents sur les lieux, une manifestation aurait éclaté à Dar-es-Salam avant de se déplacer vers un terrain de football où jouait son neveu. « Ils m’ont expliqué qu’une manifestation avait commencé à Dar-es-Salam à cause d’un chef de quartier qui ne faisait pas l’unanimité. Les manifestants se sont ensuite dirigés vers le terrain de football où mon neveu disputait un match. Les jeunes ont été poursuivis et, une fois arrivés au terrain, des échauffourées ont éclaté. C’est à ce moment que les gendarmes ont tiré et qu’il a été atteint en plein cœur », affirme-t-il.
Gravement blessé, Mamadou Bella Diallo a d’abord été transporté à l’hôpital Jean-Paul II avant d’être évacué vers l’hôpital national Donka. « Les médecins l’ont stabilisé, mais ils ne disposaient pas du matériel nécessaire pour retirer la balle qui s’était logée près du cœur. Il faisait une hémorragie interne. Ils nous ont demandé de le transférer d’urgence à Donka », explique son oncle. Malgré les efforts du personnel médical, le jeune élève a succombé à ses blessures. « Finalement, il est décédé aux environs de 18 heures. C’est ce qui s’est passé, en gros », confie-t-il, la voix chargée d’émotion.

Âgé d’environ 16 ans, selon ses proches, Mamadou Bella Diallo nourrissait le rêve de devenir footballeur professionnel. « C’était un élève, mais aussi un grand rêveur. Il voulait devenir footballeur. Nous faisions tout pour l’accompagner, en lui achetant les équipements et tout ce dont il avait besoin pour poursuivre son rêve », témoigne Hassan Diallo. L’adolescent devait passer les épreuves du BEPC cette année. « Il était en 10ᵉ année et faisait partie des candidats au brevet », précise-t-il.
Au-delà de la douleur, la famille affirme avoir rencontré des difficultés lors des démarches pour récupérer le corps. « À deux reprises, j’ai été menacé. La première fois, il y avait un important dispositif sécuritaire avec trois pick-up. Malgré mon badge, on m’a empêché de passer en me disant qu’ils ne le reconnaissaient pas. La deuxième fois, à l’échangeur de Dixinn, alors que nous venions chercher une poche de sang, on nous a annoncé que le petit était déjà décédé. On nous a ordonné de partir en nous disant que nous n’avions rien à faire sur place », relate-t-il.
Selon lui, il a tenté d’appeler les agents à davantage d’humanité. « Je leur ai dit que nous venions de perdre un proche et qu’il fallait faire preuve de compassion. Ils m’ont répondu que même si nous avions perdu quelqu’un, ce n’était pas leur problème».
Pour l’heure, la famille attend toujours les documents administratifs nécessaires à la restitution du corps afin de procéder à l’inhumation. « Dès que les formalités seront terminées et que le corps nous sera remis, l’enterrement aura lieu après la prière », indique-t-il.
Très éprouvé, Hassan Diallo rappelle enfin que cette disparition survient quelques mois seulement après le décès du père de la victime. « Son père est décédé il n’y a même pas un an, et aujourd’hui, c’est lui qui part le rejoindre. C’est une immense douleur. Mais que peut-on faire ? », conclut-il.
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