
Kindia – Face à la dégradation avancée de plusieurs tronçons routiers dans la commune urbaine de Kindia, notamment sur l’axe menant vers Télimélé, des chauffeurs de camions-bennes ont décidé d’agir en procédant au reprofilage de la route. Une initiative citoyenne saluée par certains habitants, mais qui suscite également des critiques sur la méthode utilisée.

Depuis plusieurs années, les usagers de cette voie sont confrontés à d’importantes difficultés liées à son impraticabilité. En saison sèche, la poussière envahit les habitations et les commerces installés le long de la route, provoquant des inquiétudes sanitaires chez les riverains. Les marchandises exposées sont également touchées par ces débris.
Pendant la saison des pluies, la situation devient encore plus préoccupante. Les eaux stagnantes, la boue et les nombreux nids-de-poule rendent la circulation difficile pour les véhicules, les motos et les piétons.

Pour tenter d’apporter une réponse à cette situation, les chauffeurs de camions-bennes ont décidé de mettre leurs moyens à contribution en apportant des agrégats afin de rendre la route plus praticable.
Aboubacar Camara, chauffeur de camion-benne et l’un des initiateurs de cette action, explique la motivation de cette démarche.

« Nous sommes nés à Kindia et avons grandi ici. Cette route est devenue impraticable et cela suscite beaucoup d’inquiétudes chez nous. C’est même devenu une honte. Comme nous avons des camions-bennes, nous avons décidé de prendre nos responsabilités pour réhabiliter ce tronçon. Nous nous sommes mobilisés pour mettre les agrégats sur la route. Nous avons informé les autorités avant de commencer. Les conseillers communaux nous ont même aidés avec du gasoil pour faire fonctionner les camions et transporter les matériaux. Notre objectif est que cette route soit praticable du commissariat jusqu’aux rails », a-t-il déclaré.

Mais cette initiative ne fait pas l’unanimité chez les usagers. Certains estiment que les matériaux utilisés ne sont pas adaptés pour une réhabilitation durable.
Ismaël Sylla, conducteur de taxi-moto sur ce tronçon, reconnaît l’importance de l’action mais déplore les conséquences actuelles.

« Le reprofilage de cette route est une bonne chose, mais les agrégats envoyés ne peuvent pas suffire. Il fallait plutôt mettre du gravier. Ce qui a été déposé nous crée des difficultés et nous avons du mal à circuler actuellement. Les volontaires ont voulu bien faire, mais le résultat n’est pas celui attendu. Nous leur demandons d’envoyer de gros cailloux », a-t-il expliqué.
Du côté des riverains, les difficultés quotidiennes restent nombreuses. Mama Sayon Kéïta, commerçante installée le long de la route, revient sur les conséquences de cette dégradation.

« Pendant la saison sèche, c’est la poussière qui nous fatigue. Je vends à l’étage ici. Pendant la saison des pluies, les piétons comme les engins roulants vivent un véritable calvaire. Cette volonté des syndicats est bonne, mais à la place de cette terre, les blocs auraient été mieux », a-t-elle indiqué.
Alors que les usagers attendent une solution durable, cette initiative des chauffeurs de camions-bennes relance le débat sur l’état des voiries urbaines de Kindia et la nécessité d’une intervention des autorités pour améliorer les conditions de circulation.
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