Dans la préfecture de Forécariah, plus précisément dans le secteur de Benna Kanfoniya, relevant du district de Gombokhory, sous-préfecture de Benna Sikhourou, les habitants vivent une situation alarmante. Cette localité agro-pastorale enclavée, traversée par le corridor du projet Simandou 2040, fait aujourd’hui face à une crise majeure : l’accès à l’eau potable.

Selon les citoyens, le passage de ce corridor, bien qu’important pour le développement national, a fortement dégradé leur principale source d’approvisionnement en eau. Désormais, la population est contrainte de consommer une eau partagée avec les animaux, suscitant de vives inquiétudes sanitaires.
Chef de secteur, N’famoussa Sylla décrit une situation critique :« Nous faisons face à de nombreuses difficultés.
Depuis la construction du corridor, notre route est devenue impraticable. Nous avons aussi une mosquée en chantier, arrêtée faute de moyens. Mais aujourd’hui, notre priorité reste l’eau potable. Nous n’avons plus de source fiable. Nous buvons la même eau que les animaux. »

Même constat chez Mamadama Sylla, une habitante :
« Le problème principal ici, c’est l’eau. En saison sèche, la souffrance est encore plus grande. Nous parcourons jusqu’à 5 kilomètres chaque jour pour aller au marigot chercher de l’eau. Nous demandons au moins un forage. »

De son côté, Fatou Camara, présidente des femmes, tire la sonnette d’alarme :
« Le corridor a gravement affecté notre marigot. L’eau est devenue rougeâtre et impropre à la consommation, mais nous n’avons pas d’alternative. Nous craignons des maladies. Les enfants et les personnes âgées souffrent énormément. Nous avons besoin de forages, même un seul peut faire la différence. »
Outre le manque d’eau potable, la localité souffre également d’un réseau téléphonique quasi inexistant. M’mah Soumah, doyenne du village, témoigne :
« Passer un appel est un véritable défi. Nous demandons à l’État de nous aider à sortir de cette situation. »







