À Kindia, on ne s’ennuie jamais. Depuis plusieurs jours, un jeu passionnant anime la ville : deviner lesquels des cinq noms qui circulent finiront candidats plurinominaux de la GMD du 24 mai 2026.
Suspense insoutenable… ou presque. Car à y regarder de plus près, le mystère s’effondre vite : sur les cinq prétendants dont une respectable dame, un seul semble cocher les critères fixés par la GMD. Oui, un seul. Les autres ? Disons qu’ils participent. On avait pourtant parlé d’ancrage politique, de crédibilité locale, de bagage intellectuel.
Des mots sérieux, presque intimidants. Mais visiblement, à Kindia, ces critères sont devenus optionnels, comme une ceinture de sécurité dans un taxi pressé.
Pourquoi s’embarrasser d’expérience administrative ou politique quand on peut envoyer de simples votants à l’hémicycle ? Après tout, diriger une commission parlementaire, c’est sûrement comme gérer un groupe messenger : un peu d’autorité, beaucoup de messages ignorés.
Et puis, soyons honnêtes : qui a besoin de députés capables de légiférer quand on peut avoir des figurants disciplinés ?Petit rappel : dans les années passés, les mauvais choix ont déjà coûté cher. Mais visiblement, l’histoire est un livre que certains préfèrent ne pas ouvrir. Le code électoral exige au moins deux femmes.
KINDIA en regorge, et pas n’importe lesquelles. Des femmes ayant occupé de hautes fonctions, désenclavé des villages, gagné le respect des populations. C’est bien là que se joue la vraie sélection : entre compétence et proximité, entre mérite et amitié. Choisir les copains au détriment des meilleurs profils n’est pas seulement une erreur, c’est une trahison.
Une trahison envers une préfecture qui n’est pas n’importe laquelle.Puisque choisir semble compliqué, pourquoi ne pas laisser la population décider ? Une élection préliminaire, ouverte à toutes les couches sociales. Certes, la population garde de l’estime pour Président Mamadi Doumbouya .
Mais attention : cette confiance ne garantit pas l’élection des candidats locaux. Imposer des candidats au bilan mitigé, c’est ouvrir un boulevard aux adversaires politiques.
Et cette fois, il n’y aura peut-être personne pour freiner leur marche.À KINDIA, le problème n’est pas le manque de talents. Il est dans l’art, désormais bien maîtrisé, de ne pas les choisir.







