En mission de supervision et de contrôle dans la préfecture de Kindia, le porte-parole du ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Mohamed Ansa Diawara, a apporté des précisions sur la nouvelle session de rattrapage instaurée au baccalauréat unique. Une réforme inédite en Guinée, officiellement annoncée par le ministre Boubacar Barry et applicable dès la session 2026.
Selon le responsable, cette innovation répond à plusieurs situations constatées lors des précédentes sessions d’examens. Il cite notamment les candidats victimes d’accidents pendant les épreuves, les candidates enceintes contraintes d’accoucher en pleine période d’examen, ainsi que les élèves ayant obtenu de bons résultats tout au long de l’année mais ayant échoué de peu au baccalauréat.
« C’est une première fois que la Guinée officialise une session de rattrapage au baccalauréat. Cette décision fait suite à plusieurs constats observés lors des examens précédents. Certains candidats sont victimes d’accidents pendant les épreuves, d’autres, notamment des candidates enceintes, accouchent au cours de la session et manquent une partie des examens. Il y a également des élèves sérieux qui échouent de justesse. C’est pour toutes ces raisons, et à l’image de plusieurs autres pays, que le ministère a décidé d’instaurer cette session de rattrapage », a-t-il expliqué.
Une seconde chance sera ainsi accordée aux candidats ayant obtenu une moyenne comprise entre 8,50 et 9,99 sur 20. Ces derniers seront automatiquement identifiés par la Direction générale des examens et contrôles scolaires, concours et passerelles (DGECS-CP). Ils repasseront au maximum deux matières de spécialité.
Mohamed Ansa Diawara précise que le diplôme obtenu à l’issue de cette session aura la même valeur juridique que celui décroché à la session normale. Toutefois, les admis seront orientés en priorité vers les établissements d’enseignement professionnel et technique, conformément à la politique gouvernementale visant à renforcer la formation des techniciens qualifiés.
Les épreuves de rattrapage seront organisées dans un délai maximal de deux semaines après la proclamation des résultats. Elles se dérouleront dans les mêmes conditions que les examens nationaux, avec des centres dédiés, une surveillance renforcée et une correction conforme aux règlements en vigueur.
Interrogé sur la portée de cette réforme, le porte-parole reconnaît qu’elle ne résoudra pas, à elle seule, toutes les difficultés du système éducatif guinéen. Il estime néanmoins qu’elle constitue une avancée importante en faveur de l’équité et de la modernisation de l’évaluation scolaire.
Il rappelle également que le développement du pays passe par la valorisation de l’enseignement technique et professionnel. Selon lui, cette réforme permettra de réduire le nombre de jeunes titulaires du BEPC sans qualification professionnelle, tout en orientant vers les écoles techniques des candidats ayant démontré un bon niveau malgré un échec de justesse au baccalauréat.
En revanche, les candidats qui échoueront à cette session de rattrapage devront se représenter au baccalauréat lors de la session suivante, comme c’était le cas jusqu’à présent. Cette opportunité constitue simplement une « seconde chance » et non un droit automatique à l’admission.
Enfin, Mohamed Ansa Diawara a lancé un appel aux parents et aux candidats afin qu’ils suivent attentivement la publication des listes des élèves éligibles. Il a également rappelé que les candidats éliminés pour fraude ne pourront en aucun cas bénéficier de cette mesure exceptionnelle.
« Les candidats sanctionnés pour fraude ne sont pas concernés par cette session. Ils obtiennent la note zéro et ne peuvent prétendre à cette seconde chance. J’invite donc tous les candidats à respecter scrupuleusement les règles des examens et à éviter toute pratique frauduleuse », a-t-il conclu.
Avec cette réforme, la Guinée rejoint plusieurs pays ayant déjà adopté un système de rattrapage au baccalauréat. Les autorités assurent que cette mesure ne remet pas en cause les exigences académiques, mais vise à offrir une seconde opportunité aux candidats ayant échoué de peu, tout en préservant la valeur juridique et académique du diplôme délivré.
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