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Flocky médiaBlogActualitésTélimélé : le poste de santé de Bely, un centre sanitaire vital confronté au manque de moyens.

Télimélé : le poste de santé de Bely, un centre sanitaire vital confronté au manque de moyens.

Dans le district de Bely, relevant de la Commune rurale de Sinta, préfecture de Télimélé, le poste de santé local constitue aujourd’hui un véritable recours pour les populations. Implantée dans une zone montagneuse, cette structure sanitaire accueille des patients venus de plusieurs localités environnantes, mais reste confrontée à d’importantes difficultés liées au manque de personnel, de médicaments, d’eau et d’équipements.

Depuis sa prise de fonction en 2019, Souleymane Barry, chef de poste de santé de Bely, œuvre au fonctionnement de cette structure avec des moyens limités. Il présente un poste de santé composé d’un bureau CPC, de deux salles d’observation, d’une salle d’attente, d’une pharmacie, d’une salle d’accouchement, d’une salle de soins, d’une salle de PEV, de deux terrasses, d’un couloir, d’une latrine ainsi que d’un logement destiné au chef de poste.

Selon lui, l’équipe est réduite. « Nous avons un seul agent de santé et trois bénévoles que je suis en train de former. La troisième termine sa formation en santé cette année à Télimélé », explique-t-il.

Au quotidien, Souleymane Barry assure l’essentiel des consultations médicales et supervise les activités des bénévoles formés. Ces derniers peuvent effectuer certains actes simples comme les injections, les perfusions ou les pansements, mais les interventions plus délicates restent sous sa responsabilité.

« Pour les cas d’accouchement compliqués, les sutures après des accidents graves ou d’autres situations nécessitant une prise en charge particulière, je suis le seul habilité à intervenir », précise-t-il.

Grâce au travail réalisé ces dernières années, le poste de santé connaît une hausse de fréquentation. Des patients quittent notamment Allé, Saroudia, Pellèl, Bounki et d’autres localités pour venir se faire soigner à Bely. « Quand quelqu’un parcourt une longue distance pour venir se soigner chez vous, cela signifie que le service est apprécié », estime le chef de poste.

Les maladies les plus couramment prises en charge sont le paludisme, la fièvre typhoïde, les infections respiratoires, les diarrhées et diverses autres infections. Les cas dépassant les capacités de la structure sont référés vers le Centre de santé de Balaya ou vers Télimélé.

Cependant, derrière ces résultats se cachent plusieurs difficultés. Le manque de médicaments demeure l’une des principales préoccupations. Selon Souleymane Barry, les approvisionnements reçus restent insuffisants face à la demande.

« Le Centre de santé nous fournit chaque mois de l’artéméther et du Lufantrine, mais les quantités ne répondent pas aux besoins, surtout que nous recevons aussi des patients venant d’autres districts », indique-t-il.L’accès à l’eau constitue également un problème majeur. Le puits disponible sur place tarit entre mars et août, obligeant le personnel à acheter de l’eau à plusieurs kilomètres.

« Pour avoir un bidon d’eau, il faut déplacer une moto-taxi sur 3 à 4 kilomètres, avec un coût de 2 000 GNF par bidon. Pour un cas d’accouchement, cela devient une situation très difficile », déplore-t-il.

À ces contraintes s’ajoute le manque d’équipements médicaux adaptés. Les lits en bois utilisés actuellement, selon le responsable, ne répondent plus aux exigences sanitaires. Le poste manque également de matériel de réanimation pour les nouveau-nés en détresse, de boîtes d’accouchement et d’autres équipements essentiels.

La moto de service, utilisée notamment pour les campagnes de vaccination et les stratégies avancées, est également hors d’usage après plusieurs années d’utilisation sur des routes difficiles.

Face à cette situation, Souleymane Barry lance un appel aux autorités pour un accompagnement plus conséquent. Il plaide également pour l’intégration des agents bénévoles dans la fonction publique.

« Nous travaillons depuis 9 à 10 ans sans salaire. Nous demandons au gouvernement de penser à nous intégrer, car nous travaillons sans repos », affirme-t-il.

Même constat chez madame Hawa Thiwto Diallo, sage-femme au poste de santé de Bely. Elle explique que l’équipe exerce principalement dans le bénévolat.

« Lorsqu’une patiente arrive, nous l’accueillons, nous faisons la consultation et nous lui donnons les médicaments disponibles. Si le cas dépasse nos compétences, nous l’orientons vers Balaya », explique-t-elle.

Elle précise que le poste reçoit en moyenne trois à quatre cas d’accouchement par mois et assure régulièrement le suivi des femmes enceintes. Elle appelle également à un soutien des autorités pour améliorer l’accès à l’eau et aux médicaments.

Pour l’imam de Bely, Thierno Mamadou Madiou Diallo, la création de cette structure sanitaire est le résultat d’une forte mobilisation communautaire. Les résidents et ressortissants de Bely établis à Conakry, en Côte d’Ivoire, en Angola, au Sénégal et ailleurs ont contribué à sa réalisation.

Avant l’existence de ce poste de santé, les malades étaient transportés dans des conditions difficiles jusqu’à Sinta centre, notamment à Balaya, parfois à l’aide de hamacs. « Les habitants ont mobilisé les agrégats tandis que les ressortissants ont acheté les matériels nécessaires pour construire cette infrastructure », rappelle-t-il.

Aujourd’hui, le poste de santé de Bely représente un soulagement pour les populations. Mais pour garantir des soins de qualité, les habitants sollicitent encore l’appui de l’État, des partenaires et des personnes de bonne volonté afin de renforcer les équipements, résoudre le problème d’eau et améliorer les conditions de travail du personnel soignant.

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