
Kindia-Le président du parti Alternance Démocratique pour le Changement-Bloc de l’Opposition (ADC-BOC), Dr Ibrahima Sory Diallo, a réagi ce mercredi 10 juin 2026 à la décision rendue par le tribunal de première instance de Kindia dans le cadre du contentieux électoral lié aux élections communales et législatives.
Interrogé par la presse, le leader politique a indiqué que son parti était concerné par le contentieux au niveau de la commune rurale de Mambia, où une liste avait été présentée. Bien qu’il n’ait pas personnellement assisté à l’audience pour la réclamation, Dr Diallo précise que ses représentants avaient introduit une requête auprès des autorités judiciaires.
Selon lui, l’issue du procès était prévisible en raison du manque de preuves suffisamment tangibles pour convaincre la justice.«Lorsqu’un contentieux électoral n’est pas soutenu par des preuves solides, il est difficile d’obtenir gain de cause », a-t-il déclaré.
Le président de l’ADC-BOC affirme toutefois que les élections ont été marquées par de nombreuses irrégularités. Il accuse certaines autorités locales de s’être impliquées dans le processus électoral afin d’influencer les résultats.
« Nous avons constaté des fraudes massives. Des vidéos circulent montrant des personnes en train de cocher des bulletins en faveur de certains candidats. On ne peut pas nous dire que cela relève de l’intelligence artificielle », a soutenu Dr Ibrahima Sory Diallo.
Le leader politique estime également que l’administration électorale a montré ses limites dans l’organisation du scrutin. Pour lui, la gestion des élections ne devrait pas être confiée exclusivement à l’administration publique.
Concernant particulièrement la commune rurale de Mambia, Dr Diallo affirme que son parti disposait de preuves qui ont été présentées devant le parquet. Cependant, le ministère public aurait demandé le rejet pur et simple de leur requête.
Malgré ses réserves, il dit prendre acte de la décision rendue par la justice. « La décision sortie aujourd’hui est un arrêt. Il n’y aura plus de recours possible. Nous allons donc nous en tenir à cette décision », a-t-il affirmé.
Le président de l’ADC-BOC reconnaît par ailleurs que son parti n’a pas réussi à déployer suffisamment de délégués dans les bureaux de vote afin de collecter les procès-verbaux nécessaires pour étayer les contestations.
Au niveau national, Dr Diallo évoque également des anomalies dans certaines localités de la Haute-Guinée, où, selon lui, « des présidents de bureaux de vote ont fait élire des députés » en remplissant des bordereaux au profit d’un seul candidat.
Le responsable politique dit ne pas comprendre les résultats obtenus dans sa propre localité de Mambia, qu’il considère comme son fief politique. Il affirme notamment que sa liste communale a obtenu plus de 4 000 voix, tandis que sa liste nationale n’aurait recueilli qu’un peu plus de 2 000 suffrages.
« Je suis convaincu qu’une partie de mes voix a été attribuée à d’autres candidats », a-t-il déclaré, avant de conclure que, malgré tout, il accepte la décision de justice, estimant que les preuves présentées n’ont probablement pas été jugées suffisantes par le tribunal.
La rédaction







