À Kindia, la coopérative des teinturières, un centre de production artisanale réunissant plusieurs corps de métiers, traverse une période difficile. Entre la hausse des prix des matières premières, le manque de matériel et la contrefaçon, ces femmes voient leur activité menacée.
Selon le gestionnaire du centre, Sékou Diawara, la coopérative repose sur une organisation bien structurée.
« Ici, nous fonctionnons en association avec plusieurs corps de métiers. Nous avons mis en place des statuts et des règlements pour assurer une bonne organisation. Les hommes interviennent notamment dans la gestion des conflits, l’organisation de la production et l’encadrement des enfants », explique-t-il.

Soucieuse du bien-être des familles, la coopérative a également mis en place une école primaire pour les enfants des travailleuses. Une initiative née d’un besoin concret.
« L’idée est venue du fait que les enfants restaient sans encadrement. Pendant la guerre en Sierra Leone, le président Lansana Conté avait fait construire deux salles de classe. Avec l’augmentation du nombre de femmes et d’enfants, nous avons agrandi l’école », ajoute Sékou Diawara.

De son côté, la présidente de la coopérative, Hadja Nana Kéita, met en avant l’engagement social de la structure.
« Nous aidons les femmes sans activité, notamment les veuves. Nous avons aussi construit cette école pour éviter que nos enfants suivent le même chemin difficile que nous. Ce sont les membres de la coopérative qui cotisent pour payer les enseignants », souligne-t-elle. Mais malgré cette solidarité, les difficultés économiques s’aggravent.

Mabinty Bangoura, teinturière, décrit une situation de plus en plus préoccupante.
« Le tissu est indispensable pour notre travail. Aujourd’hui, il devient rare et très cher. Le prix des bougies est passé de 130 000 à 210 000 francs guinéens. Le tissu est passé de 400 000 à 430 000 FG, et le Djezner de 3 400 000 à 4 200 000 FG. C’est très difficile pour nous, mais nous n’avons pas d’autre source de revenus », déplore-t-elle. À ces difficultés s’ajoute la contrefaçon, qui fragilise davantage leur activité.
« Le Kendeli est notre identité. Mais aujourd’hui, les copies envahissent le marché et font chuter les prix. Dans d’autres pays, ce phénomène est encadré, mais ici il prend de l’ampleur.

Nous demandons aux autorités d’agir pour protéger notre travail », alerte Mabinty Bangoura.Face à cette situation, les femmes de la coopérative lancent un appel aux autorités.
Elles réclament des mesures urgentes pour réguler les prix des matières premières et lutter contre la contrefaçon, afin de préserver leur savoir-faire et leur principale source de revenus.







