Depuis quelques heures, un changement majeur est intervenu à la tête de la DCI. Son ancien directeur a été limogé, remplacé par celui qui fut jusque-là son subordonné.
Un fait administratif en apparence banal, mais dont le déroulement offre des enseignements profonds sur la gestion du pouvoir et la nature de la confiance.
Première leçon :
la moralité ne se décrète pas, elle se vérifie. Le choix des hommes appelés à servir au sommet de l’État ne devrait jamais reposer sur la simple proximité ou l’ancienneté des relations. La confiance ne se mesure pas au temps passé ensemble, mais à la solidité du caractère.
La Présidence de la République n’est pas un espace ordinaire : c’est un sanctuaire où circulent des informations sensibles, parfois déterminantes pour la stabilité d’un pays. N’y ont leur place que celles et ceux qui incarnent, au plus haut niveau, la discrétion et la loyauté.
Or, selon les propres déclarations du directeur déchu, diffusées dans une vidéo devenue virale, des informations auraient été livrées à des personnes extérieures.
Ce ne sont pas des accusations venues d’ailleurs, mais des propos assumés, qui interrogent et inquiètent. Et qui nous conduisent à une seconde leçon.
Deuxième leçon :
le silence est une responsabilité, même après le pouvoir.Quitter une fonction ne libère pas du devoir de réserve. Bien au contraire. C’est souvent dans la chute que se mesure la grandeur d’un homme.
S’exposer publiquement, livrer des confidences ou régler ses comptes sur les réseaux sociaux, c’est fragiliser non seulement son image, mais aussi l’institution que l’on a servie.
Certes, diriger la communication de la Présidence confère une certaine visibilité.
Mais cette exposition exige, en retour, une maîtrise absolue de la parole. Car une fois la frontière du silence franchie, il devient difficile de regagner la confiance.
Celui qui parle trop, surtout sur ce qui devait rester secret, se condamne souvent lui-même à l’isolement.
Dans les cercles du pouvoir, la réputation de discrétion est une monnaie précieuse ; la perdre, c’est hypothéquer toute ambition future.
Alors une question demeure : peut-on revenir dans les sphères d’influence après avoir été perçu comme un homme sans retenue ? Rien n’est moins sûr.
Au-delà des individus, cette affaire rappelle une évidence : la Présidence doit conserver sa part de mystère.
Non par goût du secret, mais par nécessité d’État. Ceux qui y servent ont le devoir de protéger cette part d’ombre, garante de la stabilité et de la crédibilité des institutions.
Car en définitive, le pouvoir passe, mais la parole, elle, reste.
Alou Saran Yombouno







