La Guinée a entamé l’année 2026 dans un contexte économique marqué par une crise de liquidité qui affecte fortement les populations. Dans plusieurs villes du pays, les usagers des banques dénoncent les difficultés d’accès à l’argent, avec des guichets souvent à court de liquidités et des retraits limités.
Face à cette situation, un économiste propose une lecture des causes possibles de cette crise, qu’il estime liée à plusieurs facteurs économiques et structurels.
Selon lui, le financement des grands projets par l’État constitue l’un des premiers éléments d’explication.
L’État guinéen émet régulièrement des titres de dette à court terme pour mobiliser des ressources, une pratique qui peut créer un déséquilibre entre les actifs et les passifs des banques et réduire leur disponibilité en liquidités.
L’enseignant évoque également la faiblesse du marché interbancaire. Dans ce contexte, les banques rencontrent des difficultés à se refinancer entre elles, ce qui contribue à accentuer la pénurie de liquidités dans le système financier.
Autre facteur pointé du doigt : le déficit budgétaire. Celui-ci s’est creusé notamment à cause de l’augmentation des investissements publics, combinée à une mobilisation jugée insuffisante des recettes fiscales. Il souligne aussi l’impact du détournement de fonds publics.
Selon Moussa Touré, les pratiques de corruption et la mauvaise gestion des ressources publiques réduisent la liquidité disponible dans l’économie et fragilisent davantage le système bancaire.
Enfin, le manque de confiance envers les institutions financières favoriserait la thésaurisation. De nombreux citoyens préfèrent garder leur argent en dehors des banques, ce qui limite la circulation des liquidités dans le circuit bancaire.
Pour cet enseignant, ces différents facteurs combinés expliquent en partie les difficultés actuelles, marquées par des guichets vides, des retards de paiement de salaires et une pression accrue sur le coût de la vie.
Il estime que pour atténuer cette crise, les autorités devraient envisager plusieurs mesures, notamment l’injection de liquidités dans le système bancaire, la stabilisation du taux de change, un meilleur contrôle des dépenses publiques ainsi qu’un renforcement de la transparence dans la gestion des finances publiques afin de restaurer la confiance des citoyens.







