Conakry– La Haute Autorité de la Communication (HAC) entend poursuivre son processus d’assainissement du secteur des médias en Guinée. Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 28 août 2026, son président, Boubacar Yacine Diallo, a salué le rôle joué par les journalistes dans le maintien de la paix et les a invités à accompagner l’institution dans sa démarche de régulation du paysage médiatique.
Selon Boubacar Yacine Diallo, la presse guinéenne a démontré, à plusieurs reprises, qu’elle pouvait jouer un rôle déterminant dans la préservation de la paix et de la stabilité du pays.
« Vous avez contribué grandement, largement, au maintien de la paix dans le pays. Qu’on vous le reconnaisse ou pas, c’est un mérite pour vous », a-t-il déclaré à l’endroit des professionnels des médias.
Pour le président de la HAC, la responsabilité de la presse va bien au-delà de la simple diffusion de l’information. Elle peut, selon lui, contribuer à apaiser les tensions, mais également devenir un facteur de déstabilisation lorsqu’elle n’exerce pas son métier dans le respect des règles professionnelles.
« Vous avez démontré que la presse, quand elle le veut, elle est un facteur de paix, et quand elle ne le veut pas, c’est un facteur de déstabilisation », a souligné Boubacar Yacine Diallo.
La HAC veut également assainir les médias
Après avoir engagé un processus d’assainissement des rangs des journalistes, la HAC estime qu’un autre chantier reste à mener : celui des médias eux-mêmes.« Les rangs des journalistes ont été assainis. Il nous reste le rang des médias », a expliqué le président de l’institution.
Boubacar Yacine Diallo a ainsi dénoncé la création régulière de médias dans des conditions qu’il juge contraires à la réglementation en vigueur.
« Les médias se créent tous les jours, tous les jours, dans des conditions illicites, des conditions qui violent les règles », a-t-il regretté.
Toutefois, le président de la HAC a tenu à distinguer les jeunes qui souhaitent intégrer le secteur des médias de ceux qui enfreignent volontairement les règles. Il reconnaît que certains jeunes aspirants journalistes souhaitent simplement exercer leur métier et entreprendre dans un environnement où l’initiative privée occupe une place de plus en plus importante.
« Il y a beaucoup de jeunes, c’est parce qu’ils ne connaissent pas. Ils veulent vraiment être des journalistes, ils ne veulent pas quitter le milieu, nous les comprenons. Ils veulent aussi entreprendre », a-t-il indiqué.
« Chacun veut être son propre patron »
Le président de la HAC a également évoqué l’évolution des mentalités chez les jeunes entrepreneurs. Il estime que contrairement aux générations précédentes, les jeunes d’aujourd’hui sont davantage attirés par l’entrepreneuriat et souhaitent créer leurs propres activités.
« À notre époque, nous avions peur d’être entrepreneurs. Votre époque, c’est l’inverse : chacun veut être son propre patron », a-t-il constaté.
Pour Boubacar Yacine Diallo, cette volonté d’entreprendre ne doit pas être découragée. Au contraire, elle doit être accompagnée, à condition que les initiatives respectent les lois et règlements en vigueur.
« Personne ne devrait le refuser. On devrait plutôt l’encourager, mais à condition que la réglementation soit respectée. C’est tout ce qu’on demande », a-t-il insisté.
À travers cet appel, la HAC veut donc associer les professionnels des médias à la poursuite de son processus de régulation, avec pour objectif affiché de disposer d’un paysage médiatique plus organisé, professionnel et conforme aux textes en vigueur.
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