À Damakania, une commune rurale située à environ cinq kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Kindia, les femmes vendeuses du grand marché tirent la sonnette d’alarme. Elles dénoncent le manque de magasins, la vétusté des hangars et l’absence d’infrastructures essentielles, des difficultés qui compliquent leur activité quotidienne, particulièrement pendant la saison des pluies.

Selon elles, les tôles des hangars sont fortement dégradées, laissant pénétrer l’eau à chaque averse. À cela s’ajoutent l’absence de toilettes, de poubelles et de système d’évacuation des déchets, une situation qui, disent-elles, expose les commerçantes et les usagers à des risques sanitaires.
« Chaque matin et chaque soir, nous sommes obligées de transporter nos marchandises. Nous n’avons aucun magasin pour les stocker. Dès que nous les déposons, nous craignons les vols. Quand il pleut, nous n’avons même pas un endroit où nous abriter. Les tôles sont complètement abîmées et le marché est devenu trop petit pour le nombre de vendeuses que nous sommes aujourd’hui », déplore Goulou Bountou Camara, l’une des responsables du marché.
Elle souligne également les problèmes d’hygiène qui persistent sur les lieux. « Nous n’avons ni toilettes, ni poubelles, ni véhicule pour évacuer les ordures. Nous respirons les mauvaises odeurs des déchets entassés autour du marché. Nous demandons aux autorités de nous aider à obtenir un marché moderne et adapté à nos besoins », plaide-t-elle.

Même constat pour Fatoumata Binta Sylla, vendeuse au marché de Damakania, qui affirme que les conditions de travail se dégradent de jour en jour.
« Nous n’avons pas un marché digne de ce nom. À chaque pluie, l’eau envahit le marché. Les hangars sont vétustes et les ordures sont déposées à proximité du centre de santé. C’est un véritable problème de santé publique. Pourtant, nous payons quotidiennement des taxes. Elles sont passées de 500 à 1 000 francs guinéens, notamment pour l’évacuation des déchets, mais nous ne voyons aucun changement », regrette-t-elle.
Elle rappelle que le commerce constitue la principale source de revenus de nombreuses femmes du marché. « C’est ici que nous gagnons de quoi nourrir nos familles. Certaines d’entre nous sont des veuves et n’ont que cette activité pour subvenir aux besoins de leurs enfants. Nous demandons simplement un marché digne de ce nom », ajoute-t-elle.







