Kindia a officiellement donné le coup d’envoi de la 7ᵉ édition des « 72 Heures de Kania Soli » ce mardi 26 mai 2026. La cérémonie de lancement, présidée par le préfet de Kindia, le colonel Abdourahane Keita, a mobilisé plusieurs autorités administratives, des membres de la diaspora, des jeunes ainsi qu’une importante foule venue célébrer cet événement culturel devenu au fil des années un véritable symbole de rassemblement et de cohésion sociale.
Pour cette première journée, les organisateurs ont entamé les activités par une opération d’assainissement de la Place des Martyrs de Kindia.
Une manière pour les participants d’allier citoyenneté et engagement communautaire avant la tenue d’un atelier de formation et de renforcement des capacités consacré à la prévention et à la gestion des conflits en période électorale.
Placée sous le thème : « La culture, vecteur de paix et levier d’une économie locale solidaire », cette rencontre organisée à la Maison des jeunes de Kindia intervient dans un contexte national marqué par les élections communales et législatives prévues le 31 mai 2026 en Guinée.
Considéré aujourd’hui comme l’un des grands rendez-vous culturels du pays, Kania Soli rassemble chaque année les fils et filles de Kania autour d’une identité culturelle commune.
Durant trois jours, plusieurs activités culturelles, touristiques et humanitaires sont programmées, notamment des défilés, des expositions artisanales, des visites touristiques et des prestations de danses traditionnelles.
Dans son intervention, le préfet de Kindia, le colonel Abdourahane Keita, a salué l’engagement des « Kania Diyé » dans la promotion de la paix, du vivre-ensemble et des valeurs culturelles
« J’éprouve un sentiment de fierté de voir tous les Kaniaka réunis autour d’une même idée. Quand on parle de Kania Soli, c’est un mot qui nous rassemble et qui nous ressemble. Cette coutume est devenue aujourd’hui un patrimoine de l’État. Nous allons nous retrouver ici pour danser ensemble, manger ensemble et continuer à sensibiliser la jeunesse afin qu’elle comprenne que tout ce que nous faisons aujourd’hui, c’est pour elle et non contre elle. Kania Soli est un moyen de rassemblement, mais au-delà, il y a la formation, la solidarité et l’acceptation mutuelle. Toutes les ethnies sont présentes et coexistent pacifiquement. Nous sommes tous de Kindia et cette situation doit perdurer. Sans la paix, rien n’est possible », a-t-il déclaré.
De son côté, Abdoulaye Dramé, membre de la diaspora, a insisté sur les importantes retombées économiques générées par cet événement pour les populations locales.
Selon lui, Kania Soli permet de dynamiser plusieurs secteurs d’activités à Kindia, notamment les métiers de la teinture, de la couture, de l’hôtellerie, de la restauration, du commerce, du transport ainsi que l’agriculture
« Aujourd’hui, Kania Soli représente une véritable opportunité économique pour les habitants de Kindia. Beaucoup de familles tirent des revenus grâce à cet événement culturel. Nous invitons les autorités à soutenir davantage cette initiative qui contribue à promouvoir l’image de Kindia tout en renforçant la paix et la cohésion sociale », a-t-il souligné.
Même son de cloche chez Fodéya Bangoura, facilitateur de l’atelier sur la prévention des conflits électoraux. Il a rappelé l’importance du vivre-ensemble dans un contexte marqué par les enjeux électoraux.
« Dans de nombreuses sociétés, les périodes électorales peuvent être marquées par des tensions sociales et des incompréhensions communautaires. La circulation des fausses informations peut affecter la cohésion sociale. C’est pourquoi cette activité a été initiée afin de promouvoir le vivre-ensemble et la cohésion sociale. Il est important que les citoyens guinéens apprennent à se tendre la main sans esprit partisan ni communautariste », a-t-il indiqué.
À travers cette 7ᵉ édition, les organisateurs des 72 Heures de Kania Soli entendent ainsi faire de la culture un véritable instrument de paix, de solidarité et de développement local au bénéfice des populations de Kindia.







